LE SPECIALISTE COPYCAT

70342805 - young french artist facing to a challengeLes critiques littéraires…

 Au début de notre carrière, ils nous font tour à tour sauter de joie, pleurer, douter, nous énerver, puis, avec les années, on en vient à les observer, les disséquer et à les… classer par catégorie, tout comme eux aiment à nous classer dans différents genres !

Et si, pour une fois, nous inversions un peu les rôles ?

 Et si c’était moi, qui vous invitais à passer sous les fourches caudines, mesdames et messieurs les critiques ? ;-D

 Allez ! Un peu d’humour, que diable !

 

Il existe une catégorie de critiques littéraires qui sévit habituellement dans ce que l’on qualifie de “littérature de genre” – entendez par là les romans historiques, la SF, le polar ou la romance, par exemple.

Je les appelle…

 LES SPÉCIALISTES

et je les classe dans deux sous-catégories :

 

Les spécialistes connaisseurs

 Généralement cultivés et expérimentés, ils savent mettre adroitement le doigt sur vos qualités et vos faiblesses dans le domaine concerné. Leur réputation d’expert est connue de tous et, lorsqu’ils estiment qu’un livre est “raté”, ils prennent souvent le parti de ne pas le chroniquer, tout simplement.

 Mais vous vous doutez bien que ceux qui nous intéressent ici ne sont pas ces sommités de la presse écrite mais bien leur pâle imitation (beaucoup plus répandue dans le milieu !), j’ai nommé…

 

Les spécialistes “copycat”

 Ils aimeraient être de véritables experts et passer pour tels mais, en réalité, ce ne sont que des usurpateurs en mal de reconnaissance qui se donnent des airs et, bien sûr, au bout de la énième critique pleine de fiel et de sottise, ça finit par se voir.

 Personnellement, le spécialiste copycat est un spécimen que l’adore ! Si, si, je vous assure. Je le trouve émouvant, voire attachant. Un peu comme on s’attache à un enfant un peu lent ou à une vieille mobylette qui ne veut plus démarrer. Vous voyez ce que je veux dire ?

 Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne devient pas spécialiste copycat qui veut ! Pour en avoir croisé pas mal au cours de ma carrière, j’en suis même arrivée à la conclusion qu’il fallait quelques dispositions naturelles :

 – Avoir en permanence deux paires de grosses lunettes sur le nez (une pour voir de près ; l’autre de loin).

– Des avis plus tranchés qu’une brioche de supermarché.

– Aucun sens de l’humour.

– Des amis morts.

 Avec lui, ce n’est pas compliqué, tout se résume à une simple évidence :  Il sait tout sur le sujet que vous avez traité et vous, vous êtes un abruti !

 Aussi simple et clair que ça. Inutile d’essayer de discuter, de vous justifier, de lui prouver par A+B qu’il se trompe, IL A TOUJOURS RAISON. Même quand il a tort (surtout quand il a tort).

 Il sait tout mieux que vous et s’il dit que vous avez fait une bourde, c’est que vous avez fait une bourde, point à la ligne (il a vérifié sur WIKIPEDIA, c’est bien la preuve qu’il ne peut pas se tromper, nan ?).

 Le spécialiste copycat va se faire un plaisir de décortiquer votre livre jusque dans les interlignes pour mettre en évidence votre crasse incompétence et votre méconnaissance quasi-totale du sujet.

 Il ne sera satisfait que lorsque, après des heures d’épuisant labeur, il aura quand même fini par dénicher quelques coquilles ou fautes d’inattention (il en reste toujours), deux taches d’encre et une incohérence (du moins ce qu’il prend pour telle) qu’il se fera un devoir de monter en épingle sur une bonne demi-page, voire davantage, le tout en reprenant éventuellement divers extraits sortis évidemment de leur contexte.

 Sa besogne accomplie, pompeux et pontifiant, il enverra sa critique à qui de droit, heureux d’avoir pu prouver que vous étiez un vrai nul et votre bouquin, une grosse bouse.

 Et n’allez surtout pas essayer de discuter avec lui ou tenter de vous justifier, malheureux ! Les conflits et les disputes sont ce qui lui donne l’impression d’exister.

 Non, avec ce genre de personnage, vous devez afficher votre plus beau sourire, le remercier d’avoir partagé un avis si éclairé, qui vous a permis de comprendre à quel point vous étiez minable et deviez encore progresser (le tout en essayant, bien sûr, de garder votre sérieux). Cela fait, vous verrez que vous n’entendrez plus parler de lui. 

 Curieux personnage, n’est-ce pas ? Il ferait presque pitié…

J’ai bien dit “presque” 😉

Cristina Rodríguez

 Photo : Marina Gallud


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