E-Books : 6 trucs pour éviter la bouse littéraire !

vacheBouse littéraire : texte mal construit, mal écrit, truffé d’erreurs, de fautes en tout genre, autoédité ou non.

 

Si, comme moi, vous aimez découvrir de nouveaux auteurs, vous vous êtes sûrement déjà fait avoir en achetant, généralement sur Amazon car c’est là qu’ils s’épanouissent, le bouquin d’un soi-disant “écrivain” qui n’aurait même pas passé le barrage du préposé au courrier dans une maison d’édition sérieuse.

Sur 128 “romans”, ou présentés comme tels, en version Kindle achetés en 2014 sur Amazon, la moitié se composait, en réalité, de nouvelles ou, au mieux, de novelas d’une centaine de pages à peine. Dans la moitié restante, deux textes mériteraient, d’après moi, d’être envoyés à un éditeur (j’ai bien dit « envoyés et non « publiés » ; je ne suis pas dans le secret des dieux) et un troisième pourrait l’être après quelques retouches.

C’est léger…

Pour trouver la perle rare, au milieu de la quantité faramineuse de livres numériques proposés à la vente chaque mois, il faut donc vraiment avoir envie de se salir les mains en remuant la vase.

Mais bon, à force de plonger les mimines dans la m… j’ai quand même réussi à tirer quelques enseignements de mes (mauvaises) expériences, d’où ces 6 “trucs” simples pour ne plus vous faire avoir – ou, du moins, plus aussi souvent.

 

I- La couverture :

 

En voyant certaines couvertures de romans autoédités, un lecteur comprend tout de suite qu’il a affaire à de bonnes grosses bouses : photomontages réalisés avec les pieds, couleurs criardes, polices inadaptées, illustrations surchargées, titres ridicules, et j’en passe !

Si vous êtes sur Facebook, sachez qu’il existe d’ailleurs un groupe très amusant, qui liste ces perles : Les bousins de l’auto et de la microédition (ça ne s’invente pas !).

https://www.facebook.com/groups/515057638625031/

"Bouse littéraire" typique

“Bouse littéraire” typique

Forcément, si je vous montre celle-ci, pas besoin de creuser très profondément pour voir tout de suite que nous avons là une bonne grosse bouse particulièrement réussie.

Mais, avec la simplification des logiciels graphiques, les choses ne sont pas toujours aussi évidentes et, depuis quelques années, le lecteur a appris à “décoder”.

S’il n’a jamais entendu parler de l’auteur et qu’aucun logo de maison d’édition ne figure sur la couverture en question (ou qu’il s’agit d’une maison d’édition inconnue), une petite voix lui soufflera “méfiance ! C’est certainement une autoédition !”

Cela n’est pas forcément synonyme de “mauvais” car de plus en plus de talentueux débutants timides et d’auteurs professionnels publient des petits trésors, des livres épuisés, ou des textes inédits, de cette façon. Mais c’est le signal, pour un lecteur expérimenté, qu’il faudrait peut-être y regarder d’un peu plus près avant de sortir la carte de paiement.

 

 

II – Le résumé

 

Si le résumé est maladroit, fouillis et/ou truffé de fautes, comme celui qui se trouve un peu plus bas, ne cherchez même pas à en savoir davantage. Laissez tomber ! Fuyez !

 

III – La présentation de l’auteur

 

resume_cata2Un auteur montre habituellement patte blanche. Soit, si c’est un auteur professionnel, en vous parlant de ses précédents livres et des éditeurs avec lesquels il a travaillé. Soit, si c’est un débutant, en vous présentant rapidement son cursus ou, s’il est malin, en s’effaçant totalement au profit de son livre.

À l’inverse, un écrivaillon parlera de lui en des termes qu’il pense flatteurs : “Trucmuche aime écrire depuis sa plus tendre enfance” ; “Bidule a pondu sa première poésie à 3 ans et demi.” ; “Dugenou est si précoce qu’il lisait du Proust quand ses petits camarades jouaient dans le bac à sable”, “Duchemin a écrit 1 558 nouvelles en 3 ans !”. Bref ! Des choses formidablement impressionnantes. Non ? Vous n’êtes pas épatés ? Vous me surprenez…

 

IV – La vitesse de publication

 

Les auteurs de tout bord et les éditeurs le répètent à longueur d’interview et de conférence (à croire que personne ne veut l’entendre) : l’édition est un monde où tout va TRÈS TRÈS TRÈS lentement. Alors, enfoncez-vous ça dans la tête une bonne fois : il est impossible d’écrire un roman DIGNE DE CE NOM en deux mois !

I-M-P-O-S-S-I-B-L-E

Si un auteur prétend le contraire, c’est qu’il veut se faire mousser, qu’il se moque ouvertement de vous ou (et c’est plus vraisemblable) qu’il essaye de se faire passer pour ce qu’il n’est pas.

Ne vous fiez cependant pas aveuglément aux dates de parution. Si un romancier décide de publier en e-book des livres qui n’existaient jusque-là qu’en librairie ou des textes qui dormaient depuis des années dans ses tiroirs, ce n’est pas la même chose qu’un plumitif pris de diarrhée littéraire qui mettra en vente dix productions dans l’année (je n’ose parler de livres).

 

V – Oubliez les critiques et les classements !

 

auteurNe vous fiez JAMAIS aux classements ni aux critiques. Pour trois raisons.

La première est qu’il existe une petite opération consistant à faire acheter ses propres livres par des employés, des amis ou d’autres auteurs, via différents comptes et à laisser des commentaires dithyrambiques 4 ou 5 étoiles. Rembourser ces braves gens est à peine plus onéreux que l’envoi d’un petit service de presse car, croyez-moi sur parole, pas besoin de vendre 50 livres par jour pour se retrouver dans les meilleures ventes d’une catégorie “Kindle” du genre “fiction fantasy”, “historique” ou “romance” ! Une trentaine de ventes au lancement suffisent pour accéder au podium puis 5 ou 6 par jour vous permettent de rester dans les 100 premières places. Et, comme être au top 100 des catégories les plus populaires est la garantie de vendre des livres, c’est un investissement que beaucoup sont prêts à faire sans la moindre hésitation.

La seconde raison est que beaucoup d’écrivains (autoédités ou non) font partie de fandoms ou de groupes qui survivent pour ainsi dire en vase clos, partageant les mêmes fantasmes, affinités, liens culturels, références et idées. Donc, un roman que ces petits groupes de fans trouveront “magnifik et super émouvan” (SIC), ne vous donnera peut-être pas, à vous, les mêmes raisons de vous réjouir de son achat…

Rajoutez à cela un sport très répandu qui consiste à descendre le voisin et vous comprendrez définitivement pourquoi vous ne devez pas vous fier aux avis des lecteurs. Vous ne pourrez presque jamais – à moins de jouer au détective privé avec tous les auteurs des commentaires – être certain de leur véracité.

“Mais pourquoi des sociétés comme Amazon laissent-elles faire ?”

Réfléchissez. Qu’est-ce qui est le plus avantageux pour une société comme Amazon ? Un auteur connu qui vendra peut-être 10 000 ex. numériques de son bouquin ? Ou 50 000 zozos qui, entre la tantine, maman, pépé et quelques amis facebook partageant les mêmes fantasmes et références en vendront une centaine chacun ? Ventes arrangées ou non, librairies en ligne et sites spécialisés (qui touchent des commissions via les liens qu’ils vous proposent), engrangent de l’argent. Et plus il y aura de gens pour croire que l’autoédition est la solution pour sortir de l’ombre et devenir un “vrai auteur”, plus il y aura de bonnes poires à plumer…

 

VI – Lisez un extrait !

 

Il est impératif, si vous ne connaissez pas l’auteur, que celui-ci soit professionnel ou non, de se faire une idée de son style avant d’acheter son livre car, même si son histoire vous plaît, son écriture, elle, peut très bien vous hérisser. Nous avons tous notre “patte”, notre façon de raconter des histoires. Certains préfèrent un style direct, accessible, avec des phrases courtes et beaucoup de dialogues. D’autres, au contraire, misent sur des formes plus… j’ai presque envie de dire “classiques” de narration.

En tapant simplement le nom d’un auteur sur un moteur de recherche, vous trouverez facilement des extraits parce qu’un professionnel ne rechignera jamais à publier un aperçu de son travail sur son site, son blog, un forum, etc.

Un amateur, si. Dans la plupart des cas, parce qu’il n’est pas sûr de lui ou, à l’inverse, parce qu’il estime son travail si exceptionnel et novateur qu’il imagine déjà tous les auteurs du monde se jeter sur les premiers paragraphes de son chef d’œuvre pour le plagier – ce qui est le signe d’une méconnaissance totale du métier et de la façon d’écrire un roman.

Donc, si vous n’arrivez pas à trouver un seul échantillon de prose de l’auteur qui vous a tapé dans l’œil… méfiance !

 

Voilà, si vous suivez ces quelques petits conseils, je ne vous garantis pas que vous serez à l’abri des mauvaises surprises mais, au moins, vous réduirez un peu la casse et aurez ainsi la chance de découvrir des auteurs prometteurs bourrés de talent, ou des inédits de vieux briscards de l’édition qui, de plus en plus, complètent leurs parutions en librairie par de l’autoédition numérique.

C. Rodriguez

 

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