Les manuscrits sont-ils vraiment lus par les éditeurs ?

posteQuestion de Karl :

« Dépenser une fortune en impressions et en frais postaux pour envoyer son manuscrit à des éditeurs est-il vraiment nécessaire ? Il paraît que les livres envoyés directement par la poste au service « manuscrits » des maisons d’édition ne sont que rarement lus, voire pas du tout. »

 

Cher Karl,

Si c’était le cas, je n’aurais jamais publié un seul roman !

Oui, les manuscrits sont « lus » mais… pas forcément en entier.

Je m’explique.

Il est une vérité toute simple qui ne fait jamais plaisir à des auteurs débutants et c’est celle-ci : il n’est pas nécessaire de lire plus de quelques lignes d’un texte pour savoir si l’on a affaire à quelqu’un qui sait écrire ou non.

Je sais, c’est dur, mais c’est comme ça.

 Alors, est-ce que les manuscrits sont lus ? Oui. Sont-ils lus du début à la fin ? Non. Sauf si :

1/ La personne sait manifestement écrire.

2/ Le sujet paraît intéressant et bien mené.

3/ Et, enfin, si le livre peut trouver sa place dans l’une des collections de la maison, le planning des sorties et la ligne éditoriale.

Mais, me direz-vous, comment se fait-il, alors, que les étagères des librairies soient régulièrement envahies de livres écrits par certaines stars de la télévision, de la téléréalité, par des repris de justice, des sportifs ou des illettrés notoires que chacun sait incapables d’aligner trois mots correctement orthographiés ?

Là, nous tombons dans une logique commerciale très particulière, qui consiste à se servir du nom, de la notoriété ou de la couverture médiatique d’une personne pour « faire un coup éditorial ». Entendez par là que le livre en question,  généralement écrit par ce qu’on appelle un nègre, n’a pour but que de faire entrer de l’argent (de la trésorerie) rapidement dans les caisses de la maison d’édition. Argent qui lui permettra certes de faire plaisir aux actionnaires mais aussi de publier de jeunes auteurs inconnus et de financer à-valoir et promotion de ceux qui font déjà partie de l’écurie.

Donc, conclure d’après ces parutions un peu « spéciales » que n’importe qui peut écrire un livre et le faire publier serait prendre des raccourcis quelque peu aventureux.

Pour en revenir à la question de la poste, certains éditeurs acceptent, à présent, l’envoi de fichiers numériques, ce qui peut vous épargner la corvée d’impression et d’envoi. Personnellement, c’est une façon de faire que je trouve un peu irrespectueuse et envahissante ; à moins, bien sûr, d’avoir déjà eu un contact avec un collaborateur de la maison d’édition et que celui-ci vous ait expressément invité à lui faire parvenir votre texte de cette façon.

 

C. Rodríguez

 

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Illustration : Social Englishme

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2 Responses to Les manuscrits sont-ils vraiment lus par les éditeurs ?

  1. Entièrement d’accord sur les deux premiers points, le 3° étant déjà plus subjectif et sujet à caution… vu les nanards notoires qui fleurissent un peu partout et le « copier-collé » littéraire qui abonde. Je ne suis pas certaine qu’à faire une dégustation à l’aveugle avec les têtes de gondole actuelles, on puisse dire qui écrit quoi, tant beaucoup sont clonés !
    Denoël accepte les manuscrits par email… Le seul « hic » est qu’ils m’ont répondu deux mois après pour m’informer qu’ils avaient bien reçu l’email et qu’ensuite il leur faudrait trois ou quatre mois pour me donner leur avis, si avis il y avait !

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