Génération Y et dégénération « baby-boom » !

generationyUn type vient de me pourrir la matinée sur la plage, aie, aie, aie !

Voilà qui m’apprendra à être polie et à répondre « oui, Monsieur, en quoi puis-je vous aider ? », lorsqu’un vieux beau en short ridicule (motif gastronomique carrés de chocolat et petites fraises des bois) me demande si je parle français.

Vous acceptez un brin de conversation impersonnelle par souci de correction et de courtoisie mais voilà que le lourdaud, fier comme un roi parthe, vous déballe son curriculum !

 

« Euh… Dis, donc, Fraise-des-bois, t’as pas comme l’impression que je travaille, là ? Tu crois que je fais quoi, avec un bloc et un dictaphone à la main ? Amuser les mouettes ? »

 

Et vas-y que je t’assomme d’« avant c’était mieux que maintenant » et « on fonce droit dans le mur ! »

C’est ainsi qu’après avoir appris que mon touriste hexagonal était DRH d’une société internationale de services en ingénierie, j’ai entendu parler pour la première fois (oui, je vis dans une boîte à biscuits, pourquoi ?) de la génération Y !

Mais kessessa, la génération Y ?

Non, ce n’est pas une mutation chromosomique – quoiqu’à écouter ce type, c’était à se le demander ! D’après lui, la génération Y, ce sont grosso modo les pinpins nés entre 1978 et 1995 (tous les « experts » ne sont pas d’accord sur les dates, comprenez-vous) supposés être des « enfants-rois téteurs de biberons aux sulfates » devenus « adultes-imbuvables tapoteurs de claviers ».

 

« La génération Y, chère Madame, c’est un ramassis de petits cons prétentieux qui refusent l’autorité et ne pensent qu’au fric ! Quant à la génération Z, qui suit derrière, je ne vous dis que ça ! Je ne sais pas ce que nous allons en faire ni ce que nous allons devenir, avec tous ces gamins égoïstes, narcissiques et totalement dépourvus de sens des responsabilités et d’esprit d’entreprise ! ».

 

Il paraîtrait même, d’après lui, (mais promettez-moi de ne pas le répéter) que ces « petits cons » perdraient des heures sur les réseaux sociaux ou à chasser des Pokemons et feraient passer leur vie privée avant le boulot ! Si !

L’affaire préoccupe tellement les entreprises que notre DRH m’a avoué avoir suivi des séminaires et des stages sur le sujet. Ouais ! Plein ! C’est bien la preuve que nous sommes au bord de la cata, nan ?

Dis donc, Fraise-des-bois… Et toi ? N’aurais-tu pas l’impression d’être pris pour une truffe par les cabinets de management qui te facturent des sommes astronomiques pour t’expliquer avec des mots savants que les nouvelles générations se sont toujours fait un devoir d’emmerder les précédentes et de tout chambouler ?

 

« Ils ne s’investissent pas dans l’entreprise. »

 

Tu m’étonnes ! Tu parles que les gens ont envie de se saigner aux quatre veines pour des actionnaires de multinationales et de sacrifier leur vie de famille pour une boîte qui les jettera comme des malpropres si cela permet d’améliorer sa cotation boursière !

Tes générations Truc, Machin et Bidule, Fraise-des-bois, ça ressemble surtout à une grosse conception marketing bien puante, saupoudrée de sociologie boiteuse, destinée faire marcher le tiroir-caisse des cabinets de gestion d’entreprise, de management, et à gonfler artificiellement les lignes comptables des charges déductibles tout en ramassant des subventions de formation.

Rien à battre, de tes petites cases X, Y ou Z ! La seule génération dont je me réclame, moi, c’est celle du « je vis ma vie, j’assume mes choix et je t’em… ! ».

Notre pour plus tard : ne plus utiliser le dictaphone sur la plage…

C. Rodriguez

Illustration : Marc Beaudet


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