Bourdasses et coquounouilles

calimeroÉcriveux, écriveuses !

 En parcourant la prose des uns et des autres (ou en relisant la mienne, hélas !), j’ai remarqué que certaines bourdes/coquilles/gaffes/boulettes/bévues (rayez les mentions inutiles) revenaient souvent.

 Voici donc une petite liste de bourdasses à éviter à tout prix que je croise très régulièrement dans les contrées wattpadiennes, facebookiennes, kindleuses, ou dans mes propres textes – bah, vi ! Il m’arrive de « bourder », comme tout le monde.

N’hésitez pas à en ajouter d’autres dans les commentaires car vous-même avez croisé, j’en suis certaine, quelques belles coquounouilles au fil de vos lectures !

 1/ Jadis et naguère ne sont pas synonymes. Bah, nan ! Jadis signifie « il y a très longtemps » et naguère « il y a peu de temps » (pensez à « il n’y a guère »)

 2/ Si, lorsque vous brandissez un revolver, vous pressez la gâchette… vous ne pourrez tuer personne, pas même éclater une bouteille. La gâchette, c’est au contraire ce qu’il faut tirer pour armer le percuteur. C’est la détente, que vous pressez.

 3/ Et, en parlant de revolver, ne le confondez pas avec un pistolet ! Ce n’est pas du tout la même arme. Un pistolet ne possède pas de barillet (le bitoniau qui tourne avec les balles dedans).

 4/ Meurtre et assassinat ne sont pas synonymes même si tous deux sont des crimes. Là, par exemple, vous vous dites peut-être « Grrr… La mère Rodríguez, je vais lui arracher les tripes. Mais avant, je vais lui faire frire les orteils à petit feu ! ». C’est de la préméditation, donc un assassinat. En revanche, si vous me croisez un jour dans un salon et que vous m’explosez la tête avec un Larousse parce que ma bouille ne vous revient pas, il n’y a pas de préméditation et c’est un meurtre. Vous voyez la nuance ? ;)

 5/ Une alternative est un choix entre deux options. Une « double alternative » est donc un pléonasme.

 6/ Parler de sa muse, soit, mais seulement si elle consent à garder sa modestie et sa minuscule ! Les neuf Muses de la mythologie grecque sont les seules à pouvoir arborer capitale. Et ces dames se nomment ? Elles se nomment ? J’attends.

 7/ Même si les héros de roman souffrent beaucoup, ce n’est pas une raison pour confondre le martyr (le supplicié) et le martyrE (le supplice).

 8/ Durant l’ère glaciAIRE (période de glaciation), le vent était glaciAL (froid) et l’on voyait très peu de glaciÈRES (où vous mettez vos sandwiches). Faites attention à ne pas confondre ces trois mots.

 9/ Si vous portez « Plinthe », je vous garantis un sacré lumbago ! Ce sont des plaintes, que l’on dépose en justice. Les plinthes, elles, on les trouve sur les chantiers de construction.

 10/ La tradition littéraire veut qu’avec de beaux appÂTS, vous attiriez plutôt du poisson que des jolies filles ! Ce sont les appAS, qui séduisent traditionnellement dans la littérature ;) Et même si certains académiciens réformistes admettent aujourd’hui les deux versions, la belle langue, elle, s’en tamponne et reste farouchement sur ses positions. Et toc !

 11/ Si votre héros écrase sous son talon un gobelet en « plastic » – ou qu’il boit dedans – attendez-vous à avoir des morceaux de cervelle collés au mur. C’est du plastiQUE qui sert à fabriquer des objets. Le plastiC, lui, est un explosif. Après, chacun ses petits plaisirs, bien sûr. :D

 12/ Même une grosse tAche peut effectuer certaines tÂches (comme laver une chemise tAchée). Et si vous-même avez une tÂche, il faut l’accomplir et non la nettoyer. Je ne sais pas si c’est très clair, là… Si ?

 13/ UN effluve, UN aromate, UN antre, UN tentacule, UN apogée, UN après-midi (Oui, le sais, l’académie a encore cédé devant l’inculture générale en admettant les deux versions d’après-midi mais croyez-moi, un lecteur averti ou un éditeur vous cataloguera sans la moindre pitié selon que vous choisirez le féminin ou le masculin !), UN éloge, mais UNE opale, UNE omoplate, UNE écritoire, UNE alcôve, UNE anagramme, UNE oriflamme, UNE interview, de LA réglisse, de l’ébène noirE, de l’argile cuitE et UNE H.L.M. !

 14/ Ah, oui, et « cauchemar » ne prend pas de « D » à la fin. C’est « scribouillard », qui en prend un. :D

 Vous en avez d’autres ?

Allez-y ! Balancez-moi tout ça dans les commentaires, qu’on s’endorme tous moins bêtes ce soir :D

 Pour l’image, c’est Calimero ! Euh… auteur/coquille/ouin-ouin Nan ? Vous ne voyez pas ? Pas grave.

C. Rodríguez

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Une réaction à Bourdasses et coquounouilles

  1. PALATIN Janine a écrit:

    Celle qui m’agace le plus (et qu’on trouve partout à présent)
    Une ballade, c’est très poétique, mais quand je me contente de marcher, c’est une balade.

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